Un calice de plus de 400 ans ayant appartenu aux frères de mon ancêtre Catherine MARTIN

Vue du village de Dourbes dans les années 10, l'église se trouve à gauche sur la vue.
Vue du village de Dourbes dans les années 10, l'église se trouve à gauche sur la vue.

Il y a trois mois, un premier article (consacré à une ancienne prothèse familiale retrouvée) inaugurait la catégorie "Patrimoine et objets familiaux". Ce nouvel article vous parlera à nouveau d'un objet peu banal et qui est en lien avec mes ancêtres. Nous resterons cette fois-ci encore en Belgique et nous irons sur la région de Nismes (Province de Namur - Belgique). Mais ne laissons pas le mystère s'installer plus longtemps concernant ce calice. Nous allons remonter plus de 430 ans en arrière, vers 1580. Suivez-moi...

Jean MARTIN serait né vers 1583-84, probablement sur Nismes. Ses parents sont Jean MARTIN (dit "Honorable), Bourgeois de Nismes ; et Gilette FOURNEAU. Quand Jean naît, ses parents sont mariés depuis peu de temps... Il aura par la suite 5 frères et sœurs dont l'un deviendra Curé. Il devint tout d'abord chanoine de Notre-Dame à Dinant.

Source : le patrimoine monumental de la Belgique 9/2 Namur, 1982, p 416.
Source : le patrimoine monumental de la Belgique 9/2 Namur, 1982, p 416.

Il succède ensuite à son frère Jacques, comme curé de la paroisse de Dourbes (Province de Namur - Belgique). Trouvant probablement le vieux presbytère trop modeste, il fit construire le "Château Biot" à Dourbes en 1648 (voyez la photo ci-contre, montrant la porte). Ce petit château était une imposante construction en moellons de calcaire, qui fut partiellement détruit en 1980. Au dessus de la porte, sur l'épais linteau, on peut y voir un écu martelé et le chronogramme suivant : " VIDe et gisCe Vbl slt prVDentla / Vbl slt Virtus et paX barvch".1

Il s'y installa très probablement. A l'intérieur, il y avait une imposante cheminée de construction typique de l'époque. En 1650, il fait réaliser un calice en argent doré de forme gothique, d'environ 17 cm de haut, et y fait graver sur le pied l'écu de la famille MARTIN portant trois fourmis.2

Représentation du Calice
Représentation du Calice

Ci-contre, voici une représentation du calice en question. Jean MARTIN vieillissant petit à petit, il décéda (date précise non connue) en 1658 ou 1659. Le calice fut donné à son frère Jacques qui était curé à Nismes. Il l'utilisa jusqu'à son décès, survenu le 7 octobre 1667. Jean avait légué, avant son décès, son "petit château" de Dourbes à son frères Jacques. Jean venait de bonne famille, il était très apprécié et il craignait d'être oublié rapidement. C'est pourquoi, dans son testament, il explique et émet ses souhaits concernant sa mémoire après son décès. En voici quelques extraits : il faudra prier pour lui durant plusieurs années, il faudra apposer un drap noir sur son tombeau avec un croissard blanc durant un an, il faudra allumer 6 chandelles à des dates précises sur son tombeau, etc. Concernant le calice, il existe toujours depuis sa création et dans le même état qu'à l'époque. Il est conservé par la Fabrique d'église et se trouve dans l'église Saint-Lambert à Nismes.

Voilà la petite histoire d'un objet familial  peu courant et qui resta intact malgré 4 siècles écoulés. Mais ce qui est encore plus rare, c'est qu'il a appartenu à 2 frères et qui servit aussi bien à Dourbes qu'à Nismes.

1 : Le patrimoine monumental de la Belgique 9/2 Namur, 1982, p 415/416.

2 : Les Martin par J-F GOFFIN et abbé Soupart, 2005.

Mercredi prochain, l'article sera consacré à la littérature généalogique. Intéressés?? Curieux?? Intrigués?? Alors ne manquez pas l'article la semaine prochaine ;-)

 

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Commentaires: 7
  • #1

    Stéphane Decarnières (jeudi, 11 janvier 2018 07:05)

    Voilà une histoire pationnante et rare, merci pour le partage et c’est vraiment sympa comme lecture :-)

  • #2

    Stéphane Decarnières (jeudi, 11 janvier 2018 07:08)

    Voilà une histoire passionnante et rare, merci pour le partage et c’est vraiment sympa comme lecture :-)

  • #3

    Nadège Moreau (jeudi, 11 janvier 2018 10:23)

    Bonjour et comme d'habitude une très belle histoire, on en veut encore et encore !

  • #4

    Christian Pirlot (samedi, 10 août 2019 06:09)

    Dans la base de données GENEAMAG, de Paul & Colette MAGOTTEAUX, on peut lire que Jean MARTIN, fils de Jean et de Gilette FOURNEAU, serait décédé avant le 10 juillet 1634. Paul MAGOTTEAUX écrit ceci, dans un commentaire sur le testament de Jean MARTIN:
    « Avant de tester, Jean Martin, comme c’était le cas pour tous les ecclésiastiques, a dû obtenir une autorisation de ses supérieurs, et bien sûr en payer les droits. Dès les premières lignes de son testament, il reconnait que le sort l'a privilégié. Mais malgré l’aisance, il ne vivra pas très vieux puisqu'il s'éteindra avant le 10 juillet 1634, à l’âge de 51 ans. Il sentait donc la mort arriver, quand, le 29 mars de la même année, il a rédigé ses dernières volontés. »

  • #5

    Christian Pirlot (samedi, 10 août 2019 18:00)

    Voici l'Acte qui prouve que Vénérable Messire Jean MARTIN, Jean MARTIN, prêtre à Petigny, qui a officialisé son testament le 30 mars 1634, était décédé avant le 10 juillet 1634, comme le prouve cet acte :

    Le 10 juillet 1634 à Petigny : "Comparut Lambert REGNIER lequel nous a produit et mis en mains une acte notarial .... présent Thomas PHILIPPE si que mari a Gillette LAMBERT représentant feu vénérable Messire Jean MARTIN acceptant tant pour lui que pour ses hoirs et représentants et ayants causes...lequel de mot à autre s'ensuit le 4 novembre 1633 constitue par-devant moi le notaire soussigné et des témoins en bas dénommé et écrit Victor le JEUSNE d'une parte et vénérable sire Jean MARTIN prêtre d'autre parte...."

  • #6

    Webmaster (samedi, 10 août 2019 19:34)

    Monsieur Pirlot,
    Merci de l'intérêt que vous avez porté à mon article. Lorsque j'ai écrit celui-ci, j'avais principalement les références mentionnées au bas de ce même article. Je connais la source que vous mentionnez. Mais cela engendrerai la non-crédibilité des ouvrages de référence, et donc, tout l'histoire fondée du calice. Je pense que certaines recherches seraient à effectuer. Néanmoins, j'en prends bonne note.
    Cordialement.

  • #7

    Christian Pirlot (mardi, 20 août 2019 12:47)

    Il y a en effet une grosse erreur de généalogie dans cet ouvrage, "Les Martin par J-F GOFFIN et l'abbé Soupart, 2005."
    Jean MARTIN, chanoine de Notre-Dame à Dinant., puis curé à Dourbes, n'est pas un fils de Jean MARTIN (dit "Honorable), Bourgeois de Nismes , et de Gilette FOURNEAU.
    C.P.