Une très importante progéniture

Lorsque nous débutons notre généalogie, nous ciblons les actes qui concernent nos ascendants et nous voyageons entres actes de naissances, décès et mariages. Mais lorsque l'on s'attarde sur un couple pour étudier tous les enfants qu'ils ont eu, on peut vite être très surpris.

Mais remettons-nous en situation d'époque quelques instants. Au XVIIIème et XIXème siècle, avoir une grande progéniture était chose courante. Mais avoir une très grande progéniture, càd plus de 7 ou 8 enfants, c'était plus rare. Dans la quasi totalité des cas, l'accouchement se déroule au foyer familial. Le baptême à l'Eglise se fait dans les 24, voir 48 heures tout au plus car si l'enfant décède sans être baptisé (d'après la croyance de l'époque), il n'ira point au Paradis! Il ne faut pas oublier également qu'à cette époque, la mortalité infantile était importante. En effet, la mortalité périnatale (dans le mois qui suit la naissance) est restée longtemps très forte, supérieure à 10% à l'Ancien Régime1. La mort en couche (ou des suites de l'accouchement) n'était pas rare non plus.

Par conséquent, avoir une grande descendance, donne l'assurance non seulement d'une continuité de la famille, mais également d'une rentrée d'argent supplémentaire une fois que l'enfant sera en âge de travailler.

 

Dans ma généalogie, j'ai étudié la descendance de deux ancêtres : LELEUX Nicolas et son épouse QUINEZ Marie. Marie est originaire d'Havré (Hainaut, Belgique) et Nicolas de Quévy-le-Petit (Hainaut, Belgique). Ce couple aura 12 enfants dont des jumelles et le tout dans un délai de 24 ans. Une famille très nombreuse, mais qui connaîtra le malheur.

Le premier enfant naîtra en 1774 à Havré, le baptême se déroulera quelques heures après la naissance et le père est présent (voyez sa signature au dessus du trait rouge).

Source : Archives de l'Etat de Belgique, Mons, paroisse de Quévy-le-Petit, registre des décès
Source : Archives de l'Etat de Belgique, Mons, paroisse de Quévy-le-Petit, registre des décès

Ensuite, les naissances se suivent (mais à Quévy-le-Petit) : 1774, 1776, 1778, 1779, 1782 et 1784. En 1785, le second enfant décède à l'âge de 9 ans. 18 mois plus tard, en 1786, naît le 7ème enfant et en 1788 naît le 8ème enfant. Mais à la fin de l'année 1790, le sort s'acharne : le 11 décembre 1790 décède le 8ème enfant (âgé d'un peu plus de 2 ans) ; le 31 décembre 1790 naissent les jumelles mais l'une d'elle décède 12 jours plus tard. Et comme si ça ne suffisait pas, le troisième enfant décède en octobre 1791 à l'âge de 13 1/2 ans. Le 11ème enfant naît en 1792 et en décembre 1793 décède la seconde jumelle. Le dernier enfant naîtra en février 1797.

Conclusion : 12 enfants, 5 décèdent avant d'avoir atteint l'âge adulte, 2 dont on ne retrouve plus la trace, 3 qui décèdent célibataires et sans enfants, 1 qui se marie sur le tard mais ne donne aucune descendance. Reste un enfant, une fille, mon ancêtre Marie Claire. Elle se mariera, elle aura 9 enfants (dont mon arrière arrière arrière-grand-père) et elle décèdera à l'âge de 67 1/2 ans. Preuve d'espoir et de courage, car même si la descendance est très importante, tout n'est pas nécessairement gagné.

 

1 : Généalogie facile, collection Hachette

Ne manquez pas le prochain article mercredi prochain : Les meuniers DEPREZ de Spiennes, de père en fils.

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Commentaires : 2
  • #1

    Stéphane Decarnières (samedi, 19 août 2017 15:50)

    Toute une branche qui ne repose que sur une personne, super découverte, et comme quoi famille nombreuse ne veux pas dire descendance nombreuse :-), par contre une bel héritage à transmttre :-) super post :-)

  • #2

    Christophe (mercredi, 30 août 2017 17:48)

    Très impressionnant !